mercredi 17 avril 2013


LES  SAVEURS  DE  L’ENERGIE

PHOTO : Max Yves BRANDILY

 « Venilia et Selacia étaient deux déesses des Romains :
l’une était la déesse de la vague qui vient vers le rivage, 
 l’autre la déesse de la vague qui s’en retourne à la mer.

Pourquoi deux déesses si la vague est unique, si l’eau qui vient et celle qui repart est toujours la même eau ?

La force et la substance sont identiques mais la direction et la qualité de l’énergie sont différentes  et opposées.

On peut découvrir cette même fluctuation de l’énergie de la vague dans le croisement des deux énergies :
vigoureuse animus et souple anima.

Avant d’être pensé comme une substance purement spirituelle, l’âme était un vent,
un flux continu qui animait le mouvement de l’animal et de l’homme.

Dans de nombreuses cultures, on compare le corps à un instrument à percussion :
l’âme est le battement, la vibration, le rythme.

Ce vent –vibration et rythme- peut changer de visage tout en restant lui-même,
par un subtil changement de sa tension interne.

Boccace disait en commentant Dante et résumant ainsi l’attitude d’une culture millénaire,
 que lorsque Anima, le vent vivant et intime, tend vers quelque chose d’extérieur et désire quelque chose,
alors il se change en Animus (en latin souffle, respiration).

Energie - Anima et énergie - Animus sont des termes qui n’ont rien à voir
avec la distinction masculin-féminin  pas plus qu’avec les archétypes de Jung. 
Ils désignent une polarité clairement perceptible, pertinente à une qualité complémentaire de l’énergie,
difficile à définir par des mots et donc souvent difficile à analyser, à développer et à transmettre. »
Les indiens parlent de Lassya et Tandava.
Ce sont des termes qui ne se réfèrent pas à des femmes ou à des hommes  ou à des qualités féminines
ou masculines mais aux notions de « souplesse » et « vigueur » comme à des saveurs de l’énergie.

Eugenio BARBA (l’énergie de l’acteur)